Stop à l’Agri-bashing !



Il y a quelques jours, les agriculteurs et leurs syndicats ont exprimé leur ras le bol de l’"agriculture-bashing" ( ou"agribashing") dont ils sont victimes. Cela m’a remémoré un dessin publié dans le Courrier International il y a quelques années qui m’avait interpellé. On y voyait un agriculteur, visiblement fatigué, expliqué à son fils son métier : « Je me lève le matin pour nourrir le mieux possible des gens qui sont persuadés que je les empoissonne »…


# « Voilà le résultat de l’agribashing : celle d’une profession démoralisée face à une société toujours plus suspecte »


Voilà le résultat de l’agribashing : celle d’une profession qui est aujourd’hui démoralisée face à une société toujours plus suspecte, toujours encline aux jugements péremptoires et aux procès d’intention…

L’opprobre généralisée de l’agribashing touche tous nos agriculteurs sans distinction.

Il s’appuie en grande partie sur les outrances de petits groupes organisés, sectaires et disposant de forts relais médiatiques. Au nom d’une conviction personnelle, même légitime, ces groupes amalgament dans leur dénonciation toute une profession. Leurs actions d’agribashing arrivent parfois à inquiéter éphémèrement les mauvais élèves mais c’est surtout leur absence de discernement qui touchent tout autant et de manière durable, la très très large majorité d’une profession engagée pour une agriculture durable. Des actions d’agribashing où se mêlent, plus ou moins volontairement, véritable indignation et instrumentalisation de la peur, vérité scientifique et fausse information… Des actions qui installent jour après jour dans la société un climat de défiance, qui rendent le métier d’agriculteur suspect, presque honteux !

J’ai pu, entant que parlementaire mais aussi en qualité de citoyen d’un territoire viticole en mesurer ses effets auprès de nos viticulteurs. Nous sommes passés en quelques années d'un « bon vivre à la campagne » au contraire !


# Pour mener les combats d’une agriculture durable, il faut soutenir nos agriculteurs et non leur jeter l’opprobre


Bien sûr, il ne faut assurément ni nié, ni être naïf sur les dérives d’une certaine industrie agro-alimentaire qu’il nous faut combattre, pas plus que la nécessaire transition écologique du secteur qu’une très grande partie de la profession met déjà en œuvre de manière volontaire et déterminé…

Mais pour mener ces combats, il faut plus que jamais faire preuve de discernement.

Nous devons plus que jamais mettre en valeur ceux qui nous nourrissent, qui se lèvent le matin, ne connaissent ni vacances, ni week-end, pour produire avec amour et application les produits qui nourriront nos enfants comme les leurs…


# La Nation doit conserver un lien particulier avec ceux qui nourrissent ses enfants !


En tant que parlementaire, cette reconnaissance passe aussi par la mise en place de mesures en faveur des agriculteurs.

Issue d’un territoire viticole, j’ai pour ma part taché de défendre l’intérêt de notre viticulture. Une tache particulière car alors qu’il constitue la première économie agricole exportatrice en France, le monde viticole et ses besoins si spécifiques sont rarement pris en considération dans les discussions nationales.

Ainsi, depuis deux ans, je suis heureux que notre majorité est pu très fortement avancer sur les mesures agricoles : intégration obligatoire du prix de production dans la définition du prix entre agriculteur et grande distribution, meilleure protection du conjoint salarié, dispositifs fiscaux sur l’impôt sur le revenu, séparation des fonctions de conseils et de vente de produits phytosanitaires, facilitation de la transmission des exploitations, …

Pour la viticulture plus particulièrement, en deux ans, nous avons réussi a faire droit a des revendications parfois veilles de dizaines d’années : régime fiscal plus avantageux pour les domaines viticoles qui se diversifient (œnotourisme), création de dispositif d’épargne de précaution en cas de catastrophe climatique, engagement à faciliter l’identification de l’origine du vins…

Autant de revendications légitimes que j’ai pu porter et défendre auprès de mes collègues. Il reste encore des mesures à prendre et des projets à mener mais enfin, les choses avancent!


Pourtant, toutes ses mesures d’ordre économiques, fiscales et juridiques seront vaines si la Nation ne reconnait plus le lien particulier qui l’unit à celles et ceux qui travaillent sa terre et nourrissent ses enfants !

L’agribashing doit cesser ! Cela dépend de chacun de nous. Cela dépend de notre capacité à affirmer notre attachement à cette profession, que l’on soit élu, citoyen ou consommateur… Cela dépend de notre capacité à assurer à nos agriculteurs et viticulteurs notre confiance et notre fierté pour cette filière d’excellence française qui fait vivre nos campagnes… Pour ma part, je m’y emploie avec force et détermination !

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