« Après le temps des larmes, les Audois, comme toujours solidaires, se relèveront… »


L’Aude, notre fleuve, celui qui charrie la vie, a hier charrié la désolation et la mort.

Hier, notre Département a pleuré ses morts et vécu l’angoisse d’une nouvelle catastrophe naturelle…

Aujourd’hui, nous partageons humblement la peine des familles des victimes …

Je voudrais aussi remercier l’ensemble des services de secours qui ont fait une nouvelle fois preuve de leur dévouement au service des autres et ont évité sûrement le drame que nous vivons ne soit encore plus lourd à porter…

Je voudrais également remercier tous mes collègues élus qui ont veillé toute la nuit sur leur village et seront demain mobilisés pour panser les plaies de leur population... Des élus jamais trop nombreux pour aider leur population; n'en déplaise à ceux dont la courte vue veut en réduire le nombre par dogmatisme, sans réflexion sur la réalité de terrain d'un élu communal en France!

Aujourd’hui, aussi, nous relevons nos manches et reconstruisons nos villages et nos maisons…

Sur nos terres, la solidarité n’est pas qu’un mot et malheureusement, l’Histoire nous a donné l’occasion d’en faire la démonstration…

En tant qu’Audois et citoyen, je prendrai ma part, dans mon village, auprès de mes proches et de mes voisins sinistrés…

En tant que Député, je mettrai toutes mes capacités pour que le soutien national se matérialise rapidement, efficacement et concrètement. Au sein de la Commission Mixte Inondations, je ne manquerai pas de rentrer en contact avec les représentants nationaux des assurances pour une gestion efficace et rapide pour tous ceux qui ont tout perdu…

Et demain ?

Les débats qui viennent démêleront les responsabilités, les failles et les erreurs…

Nous en tirerons les enseignements pour que nos morts ne sont pas vains et que demain, nous puissions sauver des vies…

Pour autant, notre devoir est aussi de voir plus loin…

Les catastrophes naturelles, dans nos contreforts méditerranéens, vont se multiplier…

Ceci est une réalité… Alors que faire ?

« Il est temps d’agir pour l’adaptation au risque ! »

En premier lieu, agissons !

Trop de projets de protection sont aujourd’hui englués dans le méandre des pré-études, des études et des arcanes administratives ! Alors que depuis vingt ans, l’Etat tient parole en débloquant des crédits, que les collectivités territoriales dont celles de l’Aude montent des projets, le taux de réalisation des travaux reste trop faible et les réalisations trop lentes !

Pourquoi ? Parce que certains oublient que la protection des populations est une priorité ! Préférant une « perfection du droit » à l’imperfection de l’action, privilégiant le respect d’une norme supposée environnementale à l’intelligence du terrain et des hommes, les projets et les Hommes attendent…

Cela n’est plus acceptable ! Il faut faire confiance aux Hommes de terrain ! L’intelligence est sur le terrain, pas dans un bureau lointain ou dans un Code de droit !

En second lieu, mettons en œuvre notre intelligence d’adaptation !

Face au risque, celui que notre territoire connait depuis plus de mille ans, l’Homme a jusqu’à très récemment su s’adapter… Il a mis en œuvre une forme d’intelligence de terrain : vivre à l’étage, construire sur les hauteurs, entretenir les berges…

Notre urbanisation ancienne est marquée par ces principes…

Dans la seconde moitié du XXème siècle, ce savoir s’est perdu et l’urbanisation a dénié le risque: construction de plain pied, construction dans les lits des rivières…

Aujourd’hui, nous en payons les conséquences…

Pour autant, suite à la prise de conscience de ce déni du risque, nous sommes entrés depuis vingt ans dans une logique de « refus du risque » … Le risque nous paralyse, nous refusons d’agir…

Dans un Département comme le nôtre, où plus de la moitié du territoire est soumise à un risque naturel majeur, cette solution n’est pas durable : elle ne règle pas le problème des erreurs du passé en continuant à exposer les populations au risque et ne propose aucune solution pour l’avenir !

L’avenir, c’est retrouver une culture de l’adaptation, de l’expérimentation, où l’urbanisme ne se fait pas en dépit du risque mais en s’adaptant au risque… Les exemples existent : au Pays-Bas avec les maisons flottantes, plus près de chez nous à Gruissan avec les maisons sur pilotis…

A nous d’inventer une urbanisation intelligente car adaptée…

A défaut, notre territoire est condamné à revivre encore et encore les événements d’hier, à voir les prix des terrains non inondables s’envoler et à laisser les zones inondables à ceux qui n’auront pas d’autres solutions !

« L’intelligence, c’est l’adaptation » disait André Gide… Il y a soixante ans déjà !


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