Réhumaniser la politique publique du Logement.


J ai eu le plaisir le mois dernier de contribuer par une tribune au magazine "Trombinoscope", magazine spécialisé dans les débats politiques. J'ai ainsi pu, aux cotés de M. Jacques Mézard, Ministre de la Cohésion des Territoires, et M. Julien Denormandie, Sécrétaire d'Etat au Logement, faire entendre ma voix et contribuer à ce débat passionnant dans lequel je souhaite pouvoir agir pour notre territoire !

Transcription de la Tribune en bas de page

Transcription de la tribune:

" L’abri est un besoin primaire de l’être humain. Le logement est une politique publique majeure. Elle illustre notre capacité à répondre au fondement même de toute société et au souci premier de tout individu.

Alors que la crise du logement pèse concrètement sur le quotidien de nombre de nos concitoyens, nous avons dans ce domaine l’impérieuse nécessité de réussir.

Cette obligation de résultat impose un changement de logique. Nous devons tirer les conséquences de l’inadéquation de politique de l’offre qui a transformé la question de l’habitat en objet de spéculation. Certaines lois sont allées jusqu’à faire du logement un pur produit financier, au même titre que des actions, sans rattachement concret aux réalités du territoire ou aux besoins réels de nos concitoyens. Cet effet d’aubaine financière a permis, à tous les niveaux, à certains de gagner beaucoup d’argent sans pour autant contribuer efficacement à la résolution de la crise du logement. A l’inverse, très souvent, locataires et propriétaires se sont retrouvés perdants. Cette vision purement économique du logement a également induit des réflexes erronés : un propriétaire immobilier serait forcément riche. C’est faux !

Ceci acté, quelles sont les bases pour réhumaniser la politique publique du logement ? Affirmer, rationaliser, intégrer.

D’abord, affirmer nos valeurs : il est capital d’aborder le logement comme étant un droit fondamental. Toute personne résidant sur notre territoire doit pouvoir bénéficier d’un parcours résidentiel dans de bonnes conditions. Cette universalité doit nous conduire à accentuer les politiques en faveur des plus démunis. Pour favoriser les parcours résidentiels, il est aussi nécessaire de faciliter la mise en location du parc privé en rétablissant un juste équilibre entre droits du locataire et du propriétaire.

Ensuite, rationaliser : il faut revenir à un juste coût. Tous les segments de la filière doivent être assainis. Du foncier à la construction en passant par les banques, nous avons trop perdu de vue l’objectif initial : permettre à un foyer de se loger. Les politiques publiques de logement sont faites avant tout pour le citoyen, et non un soutien à un secteur économique ou financier. La régulation publique, par une fiscalité renouvelée et une norme adaptée, doit mieux garantir au propriétaire final, et par ricochet à l’éventuel locataire, un juste prix d’accès au logement. Elle doit pour cela mieux répartir la valeur ajoutée de l’acte de construction.

Enfin, intégrer l’habitat comme étant un élément parmi d’autres du cadre de vie et de l’environnement de l’être humain. Par exemple, la gestion énergétique de la construction doit enfin entrer dans le millénaire, savoir-faire ancestraux couplés aux techniques modernes. La France doit être en pointe sur ce sujet. Cette intégration passe aussi par une intégration accrue aux territoires : il faut passer des politiques nationales indifférenciées, sorte de prêt à porter conçu à Paris, à du sur-mesure territorial. Enfin, cette intégration doit aussi nous conduire, en matière de règles d’urbanisme, à sortir d’une approche de segmentation, du zoning et du règlement pour tendre vers une logique de complémentarité et de mixité fonctionnelle. L’homme n’a jamais autant vécu en harmonie avec son environnement qu’en l’absence de document d’urbanisme segmentaire jusqu’à parfois être sectaire !

De nombreux outils existent, d’autres doivent encore être inventés mais il faut avant tout lever les tabous et agir. "


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