Le combat pour la LGV ne nous condamne pas à l'inaction: inventons aujourd'hui les mobilités


Aujourd’hui, de nombreux élus de notre territoire se sont rendus à Perpignan pour une manifestation de soutien à la réalisation de la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan. Retenu par mes obligations de député dans le Hémicycle, je tenais depuis Paris à leur apporter mon soutien et mon engagement pour continuer à soutenir ce projet. Un pays moderne comme la France devrait permettre à la fois une desserte équilibrée de son territoire et autoriser un maillage européen avec nos partenaires espagnols. Pour ces deux raisons, j’espère que notre Pays aura les ressources à plus ou moins court terme de financer les deux lignes Grandes Vitesses, Montpellier Perpignan et Bordeaux Toulouse et une Gare sur la Narbonnaise.

Pour autant, cette volonté partagée par tous en Occitanie comme à Paris, se heurte aujourd’hui à une terrible réalité. Notre héritage politique, qui ne peut en rien être imputé à l’actuelle majorité, ne nous permet pas d’assumer sereinement cette volonté d’aménager notre Pays. Les raisons sont nombreuses, certaines connues, d’autres moins.

En fait, la vérité est simple et arithmétique : les promesses faites par les précédents gouvernements en termes d’infrastructures s’élèvent à 36 Milliards d'€ alors que la France n’a jamais réussi à financer plus de 500 Millions d’€ par an. Ceci explique qu’en 2016, le gouvernement de l’époque ait validé la ligne Grande Vitesse Montpellier Perpignan, mais sans jamais ne serait-ce qu'ébaucher un plan de financement ou s'engager sur une date de début des travaux. Pire, alors que notre territoire continuait à investir pour ce projet, un rapport du Sénat, en date de septembre 2016, affirmait qu’il fallait cesser les investissements sur les infrastructures, dont notre LGV...

Ainsi, beaucoup de ceux qui aujourd’hui s’agitent sont les mêmes qui au pouvoir n’ont obtenu qu’une promesse « rendant les enfants joyeux ». Reconnaissons au moins à notre Ministre des Transport un discours courageux de vérité.

Face à cette situation, il y a deux façons d’agir.

La première est celle de continuer à s’agiter sur le territoire, de taper des pieds, pour obtenir encore et encore une promesse. C’est la technique qui consiste à faire du chantage en disant que les routes ne seront faites que s’il y a la gare ou que le service des trains régionaux ne sera accru que s'il y a une ligne nouvelle. Alors, on s’agite et on agite devant la population de fausses affirmations, mais ce n’est pas parce qu’on répète en boucle des contre-vérités qu’elles finissent par devenir vraies ! Cette technique est celle du passé. Celle qui a conduit notre pays à l’état où il se trouve mais aussi à la défiance de nos concitoyens envers les élus. Les Français ne veulent plus de fausses promesses. Les Français sont capables de comprendre qu’il y a des difficultés, qu’il faut faire des choix. Les Français ne veulent plus de nouvelles taxes, de nouveaux impôts. Le monde a changé.

Aussi, il y a une autre façon d’aborder le sujet : si nous n’avons pas encore le TGV, que faisons-nous en attendant ? Quel est notre projet de territoire ? Quel est notre vision des transports du quotidien qui impactent terriblement la vie des habitants et le développement économique? Le combat pour le TGV ne doit pas nous condamner à l'inaction ! Nos concitoyens ont besoin en priorité d’une politique ambitieuse des transports du quotidien, celle des trajets de tout les jours, vers Narbonne mais aussi vers Carcassonne, vers Béziers, vers Toulouse ou Montpellier, sans attendre le TGV... Nous pouvons dès aujourd'hui nous engager dans cette révolution des transports du quotidien. Les exemples sont trop nombreux pour les citer ici ! Je pense notamment à la dynamique que nous pouvons créer sur les nouveaux modes de transports. Je pense notamment aux véhicules propres, aux véhicules autonomes ou encore aux outils numériques de gestion des trafics… Le champs des possibles est large et prometteur et je suis à la disposition de tous ceux qui souhaitent utiliser ma fonction de Député pour partager les nombreux contacts nationaux, dans le secteur privé et public, que j’ai déjà noué sur la question.

Alors soyons ambitieux pour notre territoire. Agissons pour construire un territoire pionnier en mobilité du quotidien, un territoire du XXIème siècle. La vie de nos concitoyens en sera grandement changée, chaque jour ! La vie des entreprises sera favorisée par la fluidité des déplacements des personnes et des biens ! Nos grands leaders politiques du passé, tel Georges Frêche, n’ont heureusement rien attendu de Paris pour se développer. Soyons leurs dignes héritiers, soyons confiants dans nos capacités à nous développer de manière endogène, soyons fiers d’être du Sud !

Si nous nous engageons dès aujourd’hui dans un territoire des mobilités du futur, alors soyez assuré que nous n’irons pas chercher le TGV : c’est le TGV qui nous demandera de venir !


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